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Tu ne m'as pas laissé le temps de te dire tout ce que je t'aime et tout ce que tu me manques...

 

Arrivé à la maison à peine âgé de huit semaines, il était un petit chaton roux très attachant, amitieux, un peu « touche à tout ». A la ferme de Barbençon où il est né, il fallait faire très attention car il suivait le fermier partout, à la prairie, à l'étable, il avait même failli se faire dévorer par les cochons.

On en a passé de bons moments ensemble, Roucky adorait se percher sur mes épaules quand je repassais ou quand je lavais la vaisselle. Là, je n'entendais plus rien d'autre que ses ronrons si sonores qu'on pouvait les percevoir d'une pièce à l'autre !

A chaque nouvelle arrivée d'un chat ou d'un chaton, il fallait qu'il s'en occupe, il le « testait ». Dominant ou dominé, le nouveau devait absolument se plier aux exigences de Roucky, car il est rapidement devenu LE dominant de la maison. La pauvre Coquine, assez espiègle, en a bien bavé avant de comprendre qu'il valait mieux faire semblant d'être d'accord avec lui, et là, il lui fichait la paix !

S'il est vrai que, quand un être cher disparaît, on ne retient de lui que les côtés positifs, il me faut quand même reconnaître que je me suis parfois bien enguirlandée avec Roucky. Il avait la manie, aux heures des repas où lorsque je me levais de se flanquer dans mon passage et de miauler d'une manière tellement lancinante que ça en devenait irritant ! Quand il prenait un autre chat en grippe, il lui piquait systématiquement sa place, son coussin, son panier, son écuelle, et lui sautait dessus et lui mordant le dos.

Ces petits défauts mis à part, (mais qui n'en a pas ?) Roucky savait être le plus doux, le plus chaleureux, le plus amoureux des chats roux !

Quand il dormait tout en haut du frigo, il ne me laissait pas passer sans me tendre les pattes et là, quand je l'avais caressé, il terminait toujours par me mordre le bout du nez. Ce n'était pas méchant, seulement une manière bien à lui de me dire : «  Je sais que tu es ma propriété ».

Depuis cet été 2004, Roucky était devenu beaucoup plus calme, il avait pris un « coup de vieux ». Comme il avait onze ans, cela ne m'a pas paru alarmant.

Le mercredi 3 novembre, en soirée, j'ai du appeler une de nos vétérinaires en urgence. Couché sur l'évier, Roucky en est tombé en faisant sa première crise cardiaque. Un traitement d'attaque a aussitôt été mis en route. Il prenait bien ses médicaments et recommençait à jouer, miauler et demander son écuelle bien avant l'heure prévue.

Mais le samedi suivant, en me levant, j'ai trouvé Roucky bizarre. Il était tremblant, puis il est tombé et s'est mis à hurler en traînant son arrière-train à la manière des sirènes. Il se paralysait tout simplement. Le traitement d'urgence n'a donné aucun résultat et j'ai donc rappelé la véto, à une heure impossible, mais je n'avais pas le choix. Même par le téléphone, elle a bien entendu ses cris et a vite compris que l'urgence était véritable.

A son arrivée, Roucky paniquait toujours car sa paralysie s'étendait des pattes postérieures jusque la taille. Le diagnostique ne laissait aucun doute. Il souffrait de plus en plus et rien ne semblait l'apaiser.

Il nous a fallu du temps avant de prendre la décision que je déteste prendre, tout a vraiment été tenté, mais rien n'agissait.

Et Roucky est allé rejoindre sa sœur, Laly, au paradis des chats, à 6h25 ce matin froid et humide de novembre.

 

En souvenir de lui, je vous offre une des dernières photos que j'ai prise de mon ROUCKY. Adieu mon gamin !