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Pour toi Loulou, mon AMI…

La colombe est tombée

Au 1er vent du nord.

Son regard s’est tourné

Lentement vers la mort.

Quand la colombe expire,

C’est l’adieu d’un ami,

C’est le dernier sourire

D’un été qui s’enfuit.

La colombe est tombée

Au 1er vent du nord….

M. SARDOU.

 

 

15 ans, c’est trop tôt pour partir définitivement !

Loulou avait été trouvé chaton dans une poubelle de Bruxelles !

Banal ? Oui, à notre époque mais encore totalement INADMISSIBLE !

Heureusement, des gens bien intentionnés sont passés par là.

Loulou a donc été recueilli, hébergé et soigné.

Malheureusement le chat de la maison n’entendait pas partager ses acquis

et son confort avec de nouveaux intrus. Loulou a donc élu domicile dans l’abri de jardin.

Peu de temps après Sarasvaty est arrivée, réfugiée de Turquie,

et s’est elle aussi retrouvée dans l’abri de jardin.

Loulou et elle sont peu à peu, au fil des années, devenus ce qu’on pourrait appeler « un vieux couple »…

 

C’est donc à deux qu’ils ont fait leur entrée (en chanson) à la maison des chats sans toit,

voici deux ans et demi. Pendant tout ce temps, ce fut un réel enchantement :

jamais aucun souci, jamais aucun ennui. Dès sa sortie du panier de transport,

Loulou s’est mis à ronronner. Et Dieu sait si son ronron ne passait pas inaperçu :

lorsque mon amie Danièle me téléphonait et que je lui répondais de la seniorie,

elle pouvait immédiatement percevoir ce ronron. Elle disait alors « Loulou roucoule comme un pigeon »….

 

Quelle que soit l’heure à laquelle je montais à la seniorie, il arrivait à ma rencontre

et commençait à ronronner, il grimpait sur mes genoux et se mettait à pétrir en ronronnant,

le câlin durait ainsi aussi longtemps qu’il l’avait décidé et se terminait invariablement

par une séance de bisous sur mon nez et mes joues.

Puis il s’en allait se recoucher dans son panier préféré, sur le frigo.

 

Cette scène, je l’ai vécue de près, deux à trois fois par jour, durant les deux années et demie

qu’il a passées près de moi ! Parfois, il souffrait tellement de crises d’arthrose

qu’il lui fallait le temps pour arriver jusqu’à moi, mais jamais il n’y a renoncé.

Pour faciliter un peu ses déplacements, je lui avais installé tout un système de marches :

une petite marche en plastique juste à côté du lit, ce qui lui permettait de ne plus devoir sauter pour y grimper;

une autre marche également en plastique tout à côté du coffre en bois, de là, il pouvait accéder très facilement

 à la commode puis au frigo sur lequel il aimait se reposer dans son panier-coquille.

Pour aller dormir, en hiver, sur le radiateur, il montait d’abord sur les marches successives de l’arbre à chats,

puis sur une table basse installée là pour l’aider et, enfin, il pouvait jouir de la chaleur,

bienfaisante pour son arthrose, du radiateur.

 

Tout aurait pu continuer ainsi encore des années….

mais les reins des chats sont certainement leurs organes les plus fragiles.

 

Un de ses reins ne fonctionnait déjà plus très bien depuis un bon moment.

Malgré les soins de notre vétérinaire et le régime assez strict imposé mais bien accepté par Loulou,

qui était tout sauf un chat exigent, le deuxième rein s’est mis, lui aussi à le lâcher.

 

Les journées affreuses de canicule du mois de juin ont accéléré les souffrances et,

malgré le ventilateur qui tournait sans arrêt dans sa chambre, Loulou n’en pouvait plus. 

C’est avec une infinie tristesse et après avoir passé de longues nuits blanches

à retourner le problème dans ma tête qu’il m’a fallu me rendre à l’évidence

et accepter de le laisser partir loin de nous. Il était dans mes bras, ronronnant comme à son habitude,

il s’est endormi sans un cri, sans une plainte, doucement……..

 

Combien de fois n’ai-je pas répété cette phrase ?

« Si un seul être humain avait toutes les qualités de Loulou, il serait l’être parfait ! »

Cette phrase restera à jamais gravée dans ma mémoire, associée à celui que,

dans nos moments de tendresse, j’appelais « mon LOULOU d’amour »….